Le texte de la déclaration

Elysée – Mercredi 25 mars 2015

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE :

Mesdames, Messieurs,

Je tenais à recevoir le Président ATAMBAEV, après cette longue journée qui a été marquée par un déplacement avec la Chancelière allemande et le Président du Gouvernement espagnol sur les lieux de la catastrophe aérienne, où ont disparu tragiquement un équipage avec tous ses passagers. Nous allons avoir bientôt des informations sur ce qui s’est produit. Ce moment a été particulièrement douloureux pour les personnes présentes et, bien sûr, pour les familles qui vont bientôt être accueillies sur place.

Je voulais avoir cette longue rencontre avec le Président kirghize pour saluer d’abord l’ensemble des efforts qui sont engagés dans son pays en matière de démocratie et de pluralisme. Je rappelle que le Président ATAMBAEV a été élu à l’automne 2011 dans un scrutin pluraliste et qu’il veille à ce que les institutions kirghizes soient confortées et que le processus démocratique se poursuive. Il y aura bientôt des élections législatives et nous lui avons assuré tout notre soutien pour que la démocratie continue à se renforcer au Kirghizstan.

Ensuite, nous avons longuement parlé de la situation en Asie centrale et en Ukraine. Nous sommes très attachés à ce que la paix et la sécurité soient renforcées et assurées là où elles sont mises en cause.

Nous souhaitons aussi que l’Europe et l’Union économique eurasiatique puissent avoir des relations aussi approfondies que possible, dès lors que le règlement d’un certain nombre de situations – je les ai évoquées ; il y a notamment l’Ukraine – permette d’éclaircir ces relations.

Nous avons marqué notre attachement à l’accord de Minsk du 12 février dernier. La France et l’Allemagne sont pleinement engagées et veillent au respect intégral de cet accord par toutes les parties prenantes. Cet accord doit permettre d’aboutir à un règlement de la crise ukrainienne et toutes les parties à l’accord doivent être attentives à ce que l’ensemble des étapes prévues puissent être franchies. Nous ne ménagerons pas nos efforts pour y parvenir.

Ensuite, nous avons parlé de la relation entre nos deux pays, une relation qui doit s’approfondir, s’amplifier et s’intensifier.

D’abord sur les plans universitaire, scientifique et culturel. Nous ferons en sorte de développer nos échanges universitaires. Bientôt, Monsieur le Président, nos universités, avec l’appui de Campus France, travailleront avec les autorités de votre pays pour accroître notre présence scientifique et accueillir davantage d’étudiants kirghizes qui souhaiteraient venir dans notre propre pays. Nous y sommes prêts. Nous voulons aussi que la langue française et la culture française – je sais que vous y êtes très attaché – puissent avoir toute leur place au Kirghizstan.

De ce point de vue, nous sommes très reconnaissants aux autorités kirghizes d’avoir permis que votre pays soit un lieu d’où nous puissions rayonner sur l’Asie centrale. C’est en effet à Bichkek qu’est implanté l’Institut Français d’Etudes sur l’Asie centrale (IFEAC).

Nous allons travailler à renforcer nos actions dans les prochains mois avec la Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Nous avons aussi parlé de ce que nous pouvons faire sur le plan économique.

L’Agence française de développement (AFD) viendra en soutien du Kirghizstan. Pourquoi ? Parce que nous sommes conscients que le Kirghizstan n’est pas le pays de la région qui dispose des plus grandes ressources et qu’il doit donc être encore davantage soutenu.

Je sais que des contacts ont été pris avec des représentants des entreprises françaises ce matin. Nous veillerons à les accompagner dans leur implantation au Kirghizstan, notamment dans les domaines énergétique, hydraulique et des transports. Nous y sommes tout à fait favorables.

Je termine en rappelant que la France organise la Conférence sur le climat en décembre prochain et que tous les pays – je ne manque pas une occasion de le dire – doivent s’associer à la réussite de cette Conférence. Je sais, à cet égard, que le Kirghizstan va réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

C’était donc une rencontre très fructueuse et très utile.

Je rappelle que c’était la première visite à Paris du Président ATAMBAEV. Il est donc assez légitime qu’il me pose la question de savoir quand moi-même j’irai au Kirghizstan.

Merci.

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE KIRGHIZE, M. ALMAZBEK ATAMBAEV :

Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Je voudrais avant tout exprimer mes condoléances à tous les proches des personnes qui ont péri dans cette terrible catastrophe.

Je voudrais ensuite vous remercier, Monsieur le Président, pour votre accueil et pour cette invitation en France. Je sais que vous avez eu une journée épuisante. Je ne sais pas franchement si je pourrais à votre place organiser un entretien comme le nôtre à la fin d’une journée aussi éprouvante.

Je me réjouis parce que nous avons parlé de façon très détaillée d’un certain nombre de questions politique et économique. Je vous remercie de votre attitude vis-à-vis d’un représentant d’un petit pays de l’Asie centrale. Même si notre pays, comme vous l’avez bien souligné, représente une petite clé pour la région d’Asie centrale, là où commencent pratiquement toutes les rivières de l’Asie centrale, un pays qui est une sorte de hub entre l’Asie centrale et la Chine, notre grand voisin.

Nous avons également abordé la question de l’adhésion du Kirghizstan à l’Union économique eurasiatique. Il est vrai que c’est un événement important pour notre pays. Après cette adhésion, le Kirghizstan aura encore plus de possibilités pour améliorer ses relations avec l’Union européenne, j’en suis convaincu.

Je suis persuadé, après notre rencontre, que nos relations bilatérales vont se renforcer de façon sensible.

Nous attendons avec impatience votre Ministre de l’Education dans notre pays et j’espère que Monsieur HOLLANDE trouvera un petit moment pour nous rendre visite dans notre pays. Nous serons vraiment très heureux de vous recevoir, Monsieur le Président, même si le Kirghizstan est très éloigné de la France.

Comme je vous l’ai dit, tous nos jeunes, tous nos enfants adorent d’Artagnan, les Trois Mousquetaires, la musique, la culture et la littérature françaises.

Je vous remercie, Monsieur le Président, encore pour autre chose. Je me souviens de Moscou en 1980, où j’étais étudiant. A l’époque, Mona Lisa s’est retrouvée à Moscou dans un musée pendant quelques jours. J’ai attendu pendant quatre heures dans la file d’attente rien que pour jeter un coup d’œil à ce tableau. Aujourd’hui, j’ai eu cette occasion merveilleuse de visiter Le Louvre et j’en suis très heureux.

Bien sûr, la France est un centre culturel et nous aimerions nous en rapprocher parce qu’un pays qui n’a pas de culture, ni d’histoire, est un terrain favorable pour l’extrémisme. Je pense que le meilleur moyen pour combattre l’extrémisme religieux, c’est vraiment la culture et l’éducation. C’est pour cela que nous voudrions travailler ensemble, parce que, comme je l’ai déjà dit, la France est un centre culturel mondial.

Une fois de plus, je vous remercie, Monsieur le Président, pour cet accueil.

Merci.

Dernière modification : 27/03/2015

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